• Davantage de vendeurs que d’acheteurs sur le marché de la revente
• Diminution du nombre des ventes
• Hausse du nombre des propriétés à vendre
• Une croissance des prix au ralenti
L’un des faits marquants est le nombre de propriétés à vendre par l’intermédiaire des courtiers au printemps 2011 par rapport au printemps 2010. Dans la grande région de Montréal, il y avait 18% plus de propriétés à vendre cette année que l’an passé, ce qui signifie plus de choix pour les acheteurs. Plus de choix se traduit par un plus grand pouvoir de négociation pour les acheteurs, ce tend à freiner la pression à la hausse sur les prix des propriétés.

Loin d’être une boîte à habiter, une propriété a toujours une valeur émotive, une affection qui prend son sens dans les événements de la vie qui se déroulent entre ses murs.
En juillet dernier, M. Pilotte et son épouse me reçoivent pour une opinion de la valeur marchande de leur propriété, un plain pied situé dans Rosemont et construit en 1928.
Comme à l’habitude, après la visite des lieux et la présentation de mon évaluation et des comparables, je m’attarde à décrire le profil des acheteurs pour ce type de propriété. J’explique alors qu’un acheteur potentiel sera attiré par le quartier et la qualité de la structure du bâtiment. Fort probablement, il décloisonnera l’intérieur avant de rénover la cuisine et d’agrandir la salle de bain. Il transformera l’intérieur à son image. Au son de cette dernière phrase, les yeux de M. Pilotte se sont chargés d’une valeur émotive dont je me souviendrai le restant de ma vie.
Jamais autant j’avais ressenti l’âme d’une maison. Qui plus est, cette âme était vivante devant moi. M.Pilotte m’a raconté ensuite l’histoire de cette maison ou plutôt son parcours de vie. Il avait 8 mois lorsqu’il emménagea avec ses parents dans cette résidence. Mis à part quelques années après son mariage, il a habité plus de 70 ans dans cette propriété de 83 ans. Bien qu’il en était propriétaire depuis les années 70, cette maison resta toujours dans son cœur celle de son père. Ce respect et cette affection pour son paternel se ressentaient dans le grand soin qu’il a porté à cette maison. Dans la cuisine où j’étais assis, M. Pilotte m’a parlé un peu de ses parents, de ses frères et sœurs, de son épouse ainsi que de ses deux enfants et bien sûr un peu de lui . . . des parcours de vie qui se sont déroulés entre ces murs qu’on décloisonnent de nos jours.
Le parcours de cette famille est intimement lié à l’histoire de Rosemont. M. Pilotte a une mémoire impressionnante. Jamais nostalgique, il est un témoin vivant du développement de Rosemont à l’est de Pie-IX. Retraité de la manufacture United Shoes Machineries située sur l’av. Bennett dont les immeubles ont été transformés en condo, il me parle du tramway qu’il prenait parfois sur la 25e avenue pour aller à son travail. Actif, il préférait marcher et jusqu’à l’hiver dernier, à l’âge de 81 ans, il a toujours déneigé à la pelle son bout de ruelle sur une distance de plus de 100 pieds.
Il arrive souvent qu’une charge émotive accompagne notre travail. Cette rencontre avec M. et Mme Pilotte, ainsi que leur fille qui les a accompagné à chaque moment important de la transaction, m’a révélé en plus le caractère humain du travail de courtier. Au moment de quitter le couple, M. Pilotte m’a dit : «Toi, ne me déçois pas ». J’ai compris qu’il me confiait plus qu’une maison à vendre, c’était l’histoire de sa vie et définitivement la maison la plus chère que j’ai vendue jusqu’à aujourd’hui.